👋 Chao !!!

Dans cet article, je vous explique pourquoi K-lif va fermer dans quelques jours.

Julien Leclercle 17 juin 2026
Bye ! Bye !

K-lif a échoué ! Je me suis planté !

Pourquoi ça n’a pas marché …

1 - Un projet en décalage avec moi, avec mon domaine pro

J’ai beau graviter un peu dans le milieu des RH, je ne suis pas un profil RH. Pire, je ne fais pas de recrutement … Je suis freelance, je travaille avec des équipes constituées, je ne les construis pas. Alors, du coup, c’est quoi une question d’entretien pertinente ? C’est quoi une bonne réponse ?

Dans cette situation, qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je me suis appuyé sur l’IA. Après tout, elle a tout lu sur le sujet, elle est capable d’analyser une réponse et de produire des questions. Le sujet de la pertinence devenait alors juste une question de prompt bien senti.

Et c’est là que le bât blesse. Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas un RH. Je n’ai pas d’attache particulière à ce domaine. J’en connais, au final, très peu, et pour faire avancer le projet, c’est compliqué. Qui peut valider ou invalider le projet, les pistes ? Si vous n’avez pas un réseau de personnes spécialisées dans le domaine, si vous n’avez pas un minimum de base de connaissances, vous avancez dans le brouillard.

2 - La motivation

Vous le savez sûrement, quand on commence un projet, on est à fond. Tout est simple, tout se résout en deux-deux. La motivation est là. Puis viennent les premiers soucis : “T’as pensé à ce cas ?”, “Et si je fais ça, il se passe quoi ?”. Bon, pas grave. On corrige, on adapte …

Puis arrive le jour tant attendu : l’ouverture au public. Et ??? Eh bien, personne !!! Normal, il va falloir aller les chercher, ils ne vont pas venir tout seuls.

Du coup, création d’un blog, production d’articles sur le recrutement, diffusion sur des groupes Facebook, LinkedIn … 6 ou 7 articles plus tard avec cette approche, le compteur reste proche de zéro et le peu de personnes qui viennent sur le site ne convertissent pas (ou pas assez). Je me suis dit : “Bon, le site vitrine est moche, je vais y mettre un peu de couleur …” Ça n’a rien changé. Tout ça mis bout à bout, ça émousse la motivation. Et quand vous n’avez déjà pas beaucoup de temps à y consacrer, c’est le genre de chose qui tue l’énergie à petit feu.

3 - Tête baissée

Lorsque j’ai réfléchi au sujet de K-lif, je ne l’ai pris que par le côté technique. J’ai identifié les problématiques à résoudre. J’ai anticipé certains points. Je suis arrivé à sortir quelque chose assez rapidement.

Mais voilà l’une de mes plus grosses erreurs sur le sujet : ne pas avoir pris le temps de tester l’idée. À aucun moment je n’ai pensé à mettre en place une petite landing page pour identifier le public cible. Ça aurait pris peu de temps et ça m’aurait permis d’en économiser beaucoup. Bref, j’ai construit sans avoir réellement pensé à qui le produit était destiné, ni pourquoi.

Du coup, explorer des publics alors qu’on est déjà en live devient vite un enfer et une machine à frustration. J’ai été aveugle, en me basant sur une idée totalement fausse : “Le produit trouvera son public” …

4 - L’IA Stakhanoviste

Je ne sais pas vous, mais avec l’IA, on est tous en capacité de devenir des stakhanovistes “du code” en puissance. Et je dois l’avouer, je me suis fait avoir.

Développer pour développer est devenu tellement “simple” qu’on se dit : “On n’a qu’à rajouter cette feature et tout va devenir plus fluide, c’est obligé, ça va convertir.” Ajoutez à cela le mantra “Ship fast” et vous vous retrouvez à empiler des tartines de fonctionnalités qui n’ont plus vraiment de sens.

Mon erreur a été de sous-évaluer le coût caché des fonctionnalités développées avec l’IA. Par exemple, voyant que je n’avais pas beaucoup de personnes qui allaient jusqu’à la phase d’entretien, je me suis dit : “Tiens, il faudrait les accompagner …”. Ça a donné un onboarding avec une espèce de chatbot scénarisé, très satisfaisant à voir fonctionner. Mais au final, le problème était ailleurs …

5 - “On le vend à qui, le produit ?”

Voilà LA question que je ne me suis pas posée, ou plus précisément, que j’ai volontairement mise de côté. Pourquoi ? Parce que je suis un dev. Et mon kiff, c’est de coder des trucs. Sauf que lorsqu’on passe à côté de ce genre de question, on passe à côté du produit en lui-même. Au final, on construit juste une lubie qui satisfait l’ego un instant.

Avant de me lancer, j’aurais dû appliquer des méthodes de base : chercher un public cible, définir des personas, essayer de trouver des utilisateurs potentiels, mener de la user research, identifier des stratégies d’acquisition. Bref, ANALYSER.

Mais voilà, l’appel du clavier a été plus fort … Franchement, si je m’étais posé ces questions avant de commencer, j’aurais compris que ce n’était peut-être pas le projet pour moi, ou j’aurais identifié une niche bien précise à explorer.

Et maintenant ?!

“Qu’est-ce que je fais ?” Deux choix s’offraient à moi :

  • Remettre une pièce dans la machine, bosser vraiment la partie marketing, écouter les retours terrain. Bref, faire ce que je n’ai pas fait (ou pas voulu faire) au début.
  • Arrêter là et accepter la perte.

J’ai fait mon choix. J’arrête là. “Mais pourquoi tu fais ça ?” Pour tout ce que je viens de dire, mais surtout pour une chose : le projet ne me parle pas. Il ne me fait pas vibrer. Je suis quelqu’un de persévérant, je ne m’arrête pas au premier obstacle ou au premier “non” (bien au contraire). Mais il y a une chose en laquelle je crois : on n’est bon que dans ce qui nous passionne. Et le monde des RH et du recrutement ne me passionne pas (rien de personnel, je ne suis juste pas fait pour ça). Ma grande erreur aura été de croire que je pouvais pallier ce manque d’intérêt par de l’IA.

Une autre certitude : une autre personne, avec plus de connaissances du domaine et plus d’appétence, pourrait très bien réussir ce projet là où j’ai échoué. Je ne pense pas que l’idée soit mauvaise, mais mon exécution l’a été.

Alors au final, suis-je en colère ? Suis-je déçu de moi-même ? Est-ce que j’en veux à la terre entière ? ABSOLUMENT PAS ! On attribue à Gandhi la phrase : “Soit je gagne, soit j’apprends.” Sur ce coup-là, j’ai appris. Beaucoup appris, et ça fait un bien fou ! J’ai osé des trucs, je suis sorti de ma zone de confort et j’y ai pris goût. Donc si c’était à refaire, je le referais avec exactement les mêmes erreurs, et je me planterais encore une fois. Mais ce n’est pas grave !

En définitive, K-lif va rester ouvert encore quelques jours. Si vous voulez jouer avec, allez-y ! Une fois les crédits de l’API consommés, je ferme. 😉

Me concernant, le chapitre k-lif se termine aujourd’hui mais j’ai déjà commencé à en écrire un autre. Cette fois-ci, ça me parle, ça se passe ici dans-le-desert.fr et ça continuera ailleurs.

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça ? Erreur classique de débutant ? Leçon de vie ? Je vous laisse me le dire par mail.

Bizou !

Arrête de lire, commence à t'entraîner.

La théorie ne fait pas gagner de matchs. Passe ton entretien
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qu’elles ne te coûtent ton futur job.

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